NO WAVE

Marie-Claude Lepiez
    Du 15 janvier au 28 février 2026

    VERNISSAGE: Jeudi 15 janvier, à partir de 17h30
    FINISSAGE: Samedi 28 février, à partir de 17h30

     

    À PROPOS DE L’EXPOSITION

    Marie-Claude Lepiez appartient à la micro-génération des Xennials, cohorte épinglée entre la génération X et les Millennials. Son travail fouille l’information perdue dans cet interstice singulier, cette fracture entre règne analogique et effervescence numérique. Fascinée par l’esprit DIY et tout ce qui incarne l’utopie d’une liberté artistique non-marchande, Lepiez entreprend de reproduire ce désordre en créant une performance no wave, un courant musical s’apparentant au dadaïsme et rejetant les codes traditionnels du rock. Pied de nez au tout-puissant new wave, le no wave déployait au tournant des années 1980 sa contre-esthétique dissonante et déstructurée dans divers lieux improvisés de New York. Produits de la même époque, le mouvement et l’artiste sont ici réunis dans une expérience visuelle et sonore qui fait du bruit.

    À l’ère où tout le monde se doit d’aller quelque part, Lepiez invite à tourner en rond. Dans une chorégraphie sans fin où s’emboîtent ingénieusement œuvres sculpturales, picturales, cinétiques et rythmiques, elle comble la faille en faisant dialoguer ses pratiques analogues et numériques. En émerge une joyeuse méditation sur notre siècle.

    En s’engageant dans cet espace-temps à la fois épuré et hétéroclite, le public est plongé dans la mémoire bricolée de Lepiez. Dans un tapage sourd, les automates patentés s’agitent sans relâche et interagissent nonchalamment avec différents objets du quotidien, magnifiant leur banalité. Carton, colle chaude, masking tape : tout ce beau ramassis ne semble tenir qu’à un fil, et pourtant il n’en est rien. Chaque détail, présent en abondance, a été minutieusement pensé et exécuté dans une grande folie organisée. Entre réminiscence d’une vie analogique et omniprésence du numérique, Lepiez recrée le glitch, joue dans la brèche. Nostalgique d’une époque tombée entre deux craques, elle sature les tons, multiplie symboles et reliques, brouille les pistes. C’est ainsi que talon haut, bras de poupées, tatouages en Sharpie, Pierrot en porcelaine et airbrush pastel rejouent en boucle le mythe du tumulte adolescent, sur fond de musique atonale et de fontaine de centre d’achat. Une poésie qui n’a rien à envier au charme profane des graffitis de toilettes de bar.

    Autour, de gigantesques œuvres tissées règnent sur cet espace où est également présenté un montage de vidéos performatives montrant l’artiste, juchée sur des socles de fortune, reprenant méthodiquement certains des gestes obscurs performés par ses automates, tentant de les cerner en les déconstruisant dans une danse « dévolutive » hypnotique. Ainsi ramenée à une forme humaine primitive, la praticienne devient à son tour l’incarnation métaphorique du courant no wave qui l’habite, ironie incluse. Dans ce collage abracadabrant  mêlant image, mouvement, son et iconographie grunge et populaire, Marie-Claude Lepiez célèbre l’absurde et l’excès dans une apparence de bric-à-brac. Avec cette désinvolture gentiment révoltée qui est sienne, indisciplinée mais toujours tendre, elle riposte, cabotine, refuse la virtuosité, détraque le système, allant jusqu’à se détraquer elle-même pour combattre l’abrutissement et tenter d’échapper à la vacuité.

    – Texte de Kristina Gauthier-Landry

    Biographie de l’artiste

    Marie-Claude Lepiez vit et travaille à Montréal. Elle est titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia (2021). Son parcours l’a amenée à présenter son travail en solo en mai 2025 au centre d’artistes L’Œil de Poisson à Québec, à Rimouski (Caravansérail 2021) ainsi qu’à Rouyn-Noranda (L’Écart 2019), et ailleurs au Québec dans divers contextes d’expositions de groupe.

    Elle a également réalisé plusieurs résidences d’artistes au Canada et en Europe, notamment au centre Est-Nord-Est, en Autriche et en Norvège, où elle a approfondi sa pratique dans des environnements de recherche-création variés.

    Marie-Claude fait aussi partie du Collectif Sourire aux côtés de la marionnettiste Céline Chevrier. Elle a été appuyée à plusieurs reprises par le Conseil des arts de Montréal, du Québec et du Canada.

    Biographie de l’autrice

    Née à Natashquan avant l’avènement de la route 138, Kristina Gauthier-Landry travaille autour de la mémoire et de l’émancipation. Révélée en 2018 par le Prix de la création Radio-Canada, elle publie en 2020 Et arrivées au bout nous prendrons racine (La Peuplade), un premier recueil de poésie clair-obscur ancré dans une nostalgie maritime. Une seconde œuvre poétique, Kaléidoscope mon cœur, suit en 2022 aux Éditions du Boréal. Destiné au public adolescent et traitant d’anxiété, le recueil lui permet d’œuvrer en médiation culturelle dans une perspective de démocratisation littéraire. Continuant à creuser la dualité filiation-affranchissement, elle fait paraître en 2024 le roman Le don (La Peuplade). Récipiendaire du prix Myriam-Caron et finaliste au Prix Aznavour, ce récit féministe intergénérationnel lui ouvre les portes de divers événements et festivals au Québec et en Europe. En 2025, elle reçoit la bourse Jean-Marie Poupart pour un projet de roman portant sur la transmission de la violence masculine en milieu ouvrier, à paraître en 2027.